Partager l'article ! Neige, verglas : sur les routes de Moselle cet hiver ...: Le Conseil Général de la Moselle gère les 4 230 kilomètres du réseau routier ...
Le Conseil Général de la Moselle gère les 4 230 kilomètres du réseau routier départemental. Chaque hiver, il met en place une
organisation lui permettant d'assurer au mieux la circulation des usagers lors des périodes d'intempéries. Le Département s'efforce de répondre aux différentes conditions de circulation
rencontrées en mettant en place des moyens adaptés à l'importance des axes à traiter.
"Le Conseil Général de la Moselle ne souhaite pas réduire le service de viabilité hivernale, surtout à l'heure où la
Dir Est réduit son champs d'intervention. Nous savons qu'une partie du trafic des routes nationales et des autoroutes va se reporter fatalement sur notre réseau. Nous voulons en revanche adapter
ce service pour la gestion de l'utilisation du sel, qui a un impact écologique et financier. Mais les moyens humain et en matériel seront les mêmes que l'an passé. Si nous pouvons, par des
réglages des machines et en faisant appel à des prévisions météo de plus en plus fines, diminuer la quantité de sel, nous le ferons. Il faut savoir que le sel est efficace chez nous, parce que
nous faisons généralement face à des températures de quelques degrés sous zéro. Vers - 10°C il est inefficace", souligne Patrick WEITEN, vice-Président du Conseil Général de la Moselle
délégué aux routes.
"On ne peut pas être partout au même moment. Nous avons donc établi une organisation en fonction de l'importance des
axes à traiter et de leur fréquentation. Notre objectif : que chaque village soit accessible par un grand axe routier, mais évidemment, tous les villages de Moselle ne le seront pas tous à
l'instant T. Malgré nos interventions, il faut que les usagers restent prudents. C'est un message important à faire passer. En cas de fortes chutes de neige notamment, les routes sont
particulièrement difficiles à traiter", résume-t-il.
Le réseau principal draine les trafics nationaux et internationaux sur 390 kilomètres. Il
bénéficie d'un traitement 24 h / 24, avec un objectif de qualité maximum. C’est ce que nous appelons le niveau 1.
Les routes départementales assurant le maillage secondaire totalisent 1 665 kilomètres. Elles sont principalement traitées entre 3 h et 20 h, avec un objectif de qualité moins élevé. C’est le
niveau 2.
Le restant du réseau relève du niveau 3 : 2 178 kilomètres sont traités entre 6 h du matin et 18 h. Il reste une petite exception pour quelques rares sections parallèles à des itinéraires déjà
traités ; elles peuvent donc rester impraticables temporairement. Ces 62 kilomètres de routes sont alors signalés comme ne faisant pas l’objet d’une intervention au titre de la viabilité
hivernale.
Des moyens en alerte 24 H/24
Pour traiter les 4 230 kilomètres de Routes Départementales, le Conseil Général de la Moselle mobilise beaucoup de moyens
sur le terrain, non seulement au travers de ses propres équipes, mais aussi en sous-traitance. "La viabilité est un service qui dure seulement trois mois par an, on ne peut pas mobiliser tout
le monde en interne pour assurer ce service. C'est la raison pour laquelle nous faisons appel à des prestataires extérieurs", explique Patrick WEITEN. La régie départementale est composée de
220 agents et de 46 engins de service hivernal (ESH). Elle traite 90 circuits, soit 2 310 kilomètres. Un ESH est composé d'un camion, d'une saleuse et d'une lame de déneigement. Il a délégué au
Parc de l'Équipement 12 circuits (330 kilomètres), entretenus avec 10 ESH. Les entreprises privées ont en charge en sous-traitance 63 circuits, soit 1 590 kilomètres ; elles fonctionnent avec 41
ESH.
La surveillance du réseau est réalisée dans chacune des 8 Unités Territoriales Routières (UTR) par des Responsables de la
Viabilité Hivernale qui se relaient 24 h sur 24. Ils sont 40 sur l'ensemble du territoire.
Au siège, la surveillance et la coordination des interventions se fait par l'intermédiaire du Centre Opérationnel des
Routes Départementales (CORD 57). Il est composé de cinq opérateurs en travail posté et d’un Chef de Salle. Un contrat avec Météo France permet de bénéficier des prévisions actualisées toutes les
quatre heures en journée.
Lors de situations particulièrement difficiles, un cadre assure la direction des opérations et participe aux éventuelles
cellules de crises de la Préfecture.
Le coût de la viabilité hivernale
Le coût de la viabilité hivernale est évidemment fonction de la rigueur de l'hiver. L’hiver 2009/2010 n’a pas été considéré
comme étant de rigueur exceptionnelle d’un point de vue météorologique. Il s’est cependant avéré très coûteux pour les gestionnaires routiers en raison des nombreuses intempéries neigeuses
qui se sont succédé de la mi-décembre à mars. Le Conseil Général de la Moselle y a consacré une enveloppe de 10 M€ incluant les prestations des entreprises et du Parc de l’Équipement, les moyens
de la régie (hors salaires et primes des agents) et le coût de la matière utilisée pour le salage. Ce budget est de loin le plus élevé des quatre derniers hivers.
"L'an passé a été l'une des saisons les plus difficiles de ces quatre dernières années, avec un impact sur les finances
départementales", reconnaît Patrick WEITEN. "Nous avons utilisé 32 000 tonnes de sel. Ça n'est pas rien. Cela relève d'une démarche pas très naturelle, il faut donc être prudent dans
l'utilisation du sel. Mais le citoyen attend un service. Il faut donc trouver un équilibre entre les deux. Cette année, nous avons une vingtaine de milliers de tonnes de sel en
stock."
Le coût de fourniture des fondants est important (2,5M€ l’an passé). Parallèlement, l'impact polluant de ces déversements
ne doit pas être oublié. Le Département a donc accentué la formation de ses agents en les sensibilisant à une démarche qui est "Saler mieux, saler moins", et il les incite à intensifier le
contrôle des matériels utilisés.
L'information sur les conditions de circulation
"Nous avons aussi voulu au Conseil Général privilégier l'information, prévenir l'usager. Moins il y a de personnes sur
les routes en cas de phénomène neigeux ou verglaçant, moins le danger sera probant", insiste le vice-Président du Conseil Général de la Moselle délégué aux infrastructures. L'information sur
les conditions de circulation sur les routes départementales mosellanes est en effet donnée aux médias et aux professionnels de la route par l'intermédiaire du blog. Il est alimenté par le CORD,
au fur et à mesure de l’évolution de la situation sur le réseau principal (niveaux 1 et 2), sur le réseau secondaire (niveau 3), et par secteur géographique. Cette année, les conditions de
circulation seront également, dans la mesure du possible, décrites pour les axes principaux par sections entre les agglomérations.
"Nous sommes prêts à affronter cet hiver. Nous avons les compétences, nous avons l'expérience, nous avons les moyens et
parfois, nous y mettons des moyens financiers importants, pour assurer une meilleure sécurité sur les routes départementales. Nous avons fait face l'an passé à un phénomène très compliqué, mais
nous n'avons pas défrayé la chronique, tout s'est relativement bien passé. En revanche, malgré nos efforts et parallèlement à ces efforts, il est important que les usagers aient des équipements
spéciaux, c'est essentiel pour leur sécurité", conclut Patrick WEITEN.
Responsabilité des usagers
Cette organisation, qui a été conçue pour être optimale, ne dégage pas la responsabilité des usagers de la route :
ils doivent adapter leur conduite aux conditions météorologiques et à l'état de la chaussée.
Les consignes de prudence sont plus que jamais d'actualité : équiper son véhicule (pneus neige, chaînes), adapter sa
vitesse et limiter ses déplacements au strict nécessaire en cas de météo défavorable.
Les conditions de circulation
Pour les services routiers, les conditions de circulation sont habituellement classées en quatre catégories :
Conditions normales (C1) : absence de phénomène hivernal et météo
favorable. L'adhérence est normale.
Conditions délicates (C2) : gelées blanches, plaques de verglas,
neige fraîche en faible épaisseur ou fondante. Des pertes d'adhérence sont possibles.
Conditions difficiles (C3) : brouillard givrant généralisé, pluie sur
sol gelé, congère en formation, neige en épaisseur moyenne tassée et gelée. Les risques de blocage de la circulation sont importants.
Conditions impraticables (C4) : pluie en "surfusion" généralisée,
neige fraîche en forte épaisseur ou congères formées. La circulation est bloquée.